Après les foulards Hermès, les shampooings et les savons! Ces quinze derniers jours, plus de 118000 contrefaçons de produits de consommation courante ont été saisies sur le port du Havre, leur valeur sur le marché étant estimée à 2,46 millions d’euros. Une nouvelle “tendance” décelée dans le port normand dès février 2007 lors d’une saisie de cannettes contenant du faux Red Bull.
Nous sommes très préoccupés”, avoue Anthony Brolet, inspecteur des douanes et responsable de la Cellule de lutte contre les trafics illicites par conteneurs (Celtic). “Il n’est pas rare que l’on saisisse des bouteilles de soda dont le verre a déjà servi plusieurs fois ! Et les shampooings, savons, sodas, crèmes ou autres parfums peuvent se retrouver sur les étalages des épiceries et supérettes de quartiers!”
Si les produits de grande consommation représentent encore une petite part des 460000 articles (représentant une valeur de près de 6,5 millions d’euros) saisis au cours du premier semestre 2008 par les douanes du Havre, leur proportion ne cesse de s’amplifier. Et les douaniers s’inquiètent: 50% des produits saisis sont en effet destinés au territoire français, et le marché potentiel est énorme.
C’est dans un immense local de la région havraise que les services des douanes entreposent leurs prises. Le spectacle est saisissant: des dizaines de milliers d’articles y sont entreposés sur plusieurs centaines de mètres de rayonnages. “C’est le cinquième entrepôt que nous remplissons, la place va manquer et, avant la fin de l’année, on va devoir en stocker ailleurs”, explique un peu résigné un agent de la Celtic. “Les consommateurs doivent se rendre compte qu’acheter ces produits peut mettre gravement en danger leur santé”, martèle Jean-Claude Bulgubure, de la direction régionale des douanes et droits indirects du Havre. Ainsi, de “faux” savons imitant ceux d’une grande marque française se sont révélés extrêmement corrosifs et très dangereux pour la peau.
http://www.lejdd.fr/cmc/societe/200835/etonnantes-saisies-en-douane_144306.html
Par Ma. D.
Le Journal du Dimanche