drupal hit counter
Europe | EuroDouane

Posts Tagged ‘europe’

Vacances : les consignes des douaniers pour passer les frontières

A l’approche des vacances, les douaniers français, suisses et allemands ont rappelé les consignes de passage aux frontières.

« Nous avons tous les mêmes problèmes lorsque les vacances arrivent », a expliqué, hier, Patrick Gantenbein, porte-parole des gardes-frontières bâlois, lors d’un point presse trinational, au poste-frontière de Bâle-Saint-Louis, en présence des autorités douanières françaises, allemandes et suisses, ainsi que des gardes-frontières suisses. Les intervenants ont répété que l’adhésion de la Suisse aux accords de Schengen n’avait rien changé aux contrôles douaniers.
Papiers d’identité.- « Même si le contrôle systématique des passeports a été aboli, dans l’espace Schengen, les documents de voyage restent nécessaires ». Des papiers d’identité en règle sont indispensables pour chaque passage de douane. Les enfants doivent être en possession de leur propre document. Les citoyens suisses peuvent obtenir, contre une taxe de 150 €, un passeport de « secours » auprès des gardes-frontières de l’aéroport de Bâle-Mulhouse.
Franchises.- Toute marchandise importée sur le sol de l’Union européenne doit être fiscalisée. Pour faciliter le trafic touristique, des franchises ont été spécialement introduites. Elles varient suivant l’âge du voyageur et le moyen de transport.
La franchise valeur : si le voyage se fait par air ou par mer, la franchise est de 430 €, contre 300 € pour un voyage par route ou train et 90 € pour les jeunes de moins de 15 ans.
La franchise quantitative : elle s’applique aux marchandises fortement taxées. Par exemple, 200 cigarettes et 1 litre d’alcool peuvent être importés en franchise en France et en Allemagne par des voyageurs âgés, obligatoirement, de plus de 17 ans.
Pour les voyageurs aériens, deux filtres ont été mis en place à l’aéroport de Bâle-Mulhouse : un filtre vert pour le voyageur qui n’a rien à déclarer ou qui transporte des marchandises dans la limite des franchises ; un filtre rouge qui mène le voyageur devant le bureau des douanes pour déclarer les marchandises.
Devises.- Depuis le 15 juin 2007, conformément au règlement européen, tout voyageur qui se présente à l’entrée ou à la sortie de l’Union européenne en possession de 10 000 € ou plus doit les déclarer aux douanes. Une mesure qui a pour but de lutter contre le blanchiment d’argent, le terrorisme et la criminalité. Sinon, un montant de 300 francs suisses (environ 200 €) par personne et par jour est autorisé dans le trafic touristique.
Contrefaçons.- « Si, sur votre lieu de vacances, on vous propose des articles vendus sur les plages, dont le prix vous paraît dérisoire ou dans des emballages douteux, c’est à coup sûr de la contrefaçon », avertissent les douaniers. Argument massue pour vous dissuader de céder à la tentation : « Ces produits servent souvent à financer des organisations criminelles. »

Nadine Muller

SURFER Pour obtenir plus d’informations sur les marchandises sensibles (viande, boissons alcoolisées, tabac…) : www.cgfr.ch. Pour les contrefaçons : www.stop-piracy.ch ou www.douane.ch. D’autres informations possibles sur : www.zoll.de ou www.douane.gouv.fr

http://www.lalsace.fr/fr/region/thann/article/1724627,208/Vacances-les-consignes-des-douaniers-pour-passer-les-frontieres.html 

OMC : après l’échec, l’heure des comptes

Ni perdants ni gagnants. Tous les pays vont se mordre les doigts de cet échec.
 
L’échec des négociations de Doha pour la libéralisation du commerce mondial aura provoqué un rare moment d’unanimité : tout le monde le déplore. C’est un «pas en arrière» pour le commissaire européen au Commerce, Peter Mandelson. Le ministre chinois du Commerce se déclare «déçu», tandis que les États-Unis espèrent que l’on pourra se «retrouver dans un cadre plus ambitieux». Pour son homologue australien cet échec est «particulièrement frustrant». Le Japon le juge «extrêmement regrettable», le Brésil juge qu’un succès aurait «ouvert les marchés dans tout le pays». La France a réaffirmé sa volonté d’un «accord équilibré». Les Africains, enfin, appellent à une reprise des négociations «le plus tôt possible», une hypothèse que le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), Pascal Lamy, n’écarte pas quand il affirme : «Ne revenons pas en arrière et capitalisons sur les 85 % de ce qui a été fait.» Peter Mandelson va même plus loin. «À l’automne, après un été de réflexion, il faudra renouer les fils du dialogue», a-t-il lancé hier à Genève.

Les 135 pays membres de l’OMC font aujourd’hui leurs comptes. Tout le monde cherche les gagnants et les perdants. «Mais il n’y en a pas», tranche Philippe Moreau Defarges, chercheur à l’Ifri (Institut français des relations internationales), spécialiste de la mondialisation. «D’un côté les Occidentaux apparaissent protectionnistes et frileux et de l’autre les pays du Sud se montrent raides. Tous vont s’en mordre les doigts parce que personne n’a voulu faire assez de concessions.» Un jeu à somme nulle en quelque sorte ? Pas si simple.

Pour les grands pays agricoles, la donne change du tout au tout selon que les agriculteurs sont aidés ou pas. L’Europe et les États-Unis sont dans le premier cas et, faute d’accord, ils n’auront pas à baisser leurs droits de douane ni à diminuer leurs subventions. En France, la FNSEA s’en félicite et souligne qu’il faut «protéger les agricultures là où elles sont, avec leurs particularités», tandis que la Coordination rurale, troisième syndicat agricole français, profite de l’échec pour répéter que l’agriculture doit sortir du champ des négociations de l’OMC. Les altermondialistes, d’Attac à Greenpeace, lui emboîtent le pas. Mais les autres grands exportateurs de produits agricoles, le Brésil, le Canada, l’Australie, qui espéraient une baisse des subventions et des droits de douane pour vendre plus, en sont pour leurs frais.

Seuls, finalement, les pays les plus protectionnistes dans le domaine agricole, comme le Japon ou la Suisse, qui imposent des droits de douane très élevés sur les importations pour défendre leur production, sortent véritablement gagnants de l’échec de Doha.

Le gouvernement japonais ajoute officiellement sa voix au concert des regrets, mais sur place, dans ce pays qui achète à l’étranger 60 % des aliments qu’il consomme, les paysans sautent de joie. «Nous sommes soulagés, et même enchantés de l’échec des négociations», se félicite Yoshiyuki Kiri, responsable d’une coopérative agricole du sud de l’Archipel. Et le ministre de La justice, au risque de se faire taper sur les doigts par sa hiérarchie, assure qu’un accord à l’OMC aurait pu «amener le peuple japonais à mourir de faim d’ici vingt ou trente ans», les agriculteurs nippons étant incapables de survivre sans barrières douanières.

Les principales puissances industrialisées, l’Europe et les États-Unis en tête, attendaient de leur côté que les nations émergentes ouvrent en contrepartie leurs frontières à leurs produits industriels en diminuant leurs propres droits de douane. Ce que ces pays, la Chine et l’Inde notamment, ne feront donc pas. Une perte pour les grandes entreprises occidentales, bien que, corrige Philippe Moreau Defarges, celles-ci se développent à l’étranger «de plus en plus par des investissements directs qui font que les droits de douane ne sont qu’un élément du calcul».
Chine et Japon pénalisés

La Chine et le Japon, pour ne citer qu’eux, gagnants sur le volet agricole, mais grands exportateurs de produits manufacturés, se retrouvent pénalisés. Quant à l’Allemagne, premier exportateur mondial, elle déplore que l’OMC n’ait pas pu «donner à l’économie mondiale un signal important au bon moment».

L’industrie n’est pas seule en cause. Étaient concernées par l’ouverture des frontières les activités de services, télécommunications, banques assurances, pour lesquelles les pays industrialisés cherchent de nouveaux débouchés dans les pays émergents. Un accord à Genève aurait permis, sinon une ouverture totale de nouveaux marchés, du moins une identification des domaines que les États membres de l’OMC étaient prêts à livrer à la concurrence. Il aurait également facilité la migration de personnels qualifiés.

L’Europe prise dans cette tenaille, elle qui est tout autant industrielle qu’agricole, s’est profondément divisée. Face à Peter Mandelson, Nicolas Sarkozy est davantage apparu comme le défenseur des intérêts français que comme un rassembleur de l’Union européenne dont l’Hexagone a la présidence pour six mois. Nombreux sont ceux qui n’ont pas compris ses prises de positions tranchées. «C’est dommage», note un observateur qui a suivi toutes les négociations de Genève. «Mais peut-être attend-il maintenant une occasion de relancer le débat et de reprendre la main.» C’est en tout cas ce que laisse entendre son entourage qui parle d’une possible «initiative» dans les prochains jours.

Article de: Arnaud Rodier

http://www.lefigaro.fr