La contrefaçon et la piraterie ont un impact économique majeur sur la société: elles représentent, selon l’OCDE (Organisation de Coopération et de Développement Economiques), 5 à 7% du commerce économique mondial. L’Organisation Mondiale des Douanes évalue le commerce illicite à 450 milliards euro. Il constitue une menace sérieuse pour l’économie et le commerce, mais aussi pour le développement durable dans la mesure où la plupart des produits contrefaits sont fabriqués dans des conditions sociales et environnementales catastrophiques(1) .
Si la qualité croissante des produits permet de mieux tromper le consommateur, elle augmente aussi les dangers que les produits contrefaits peuvent lui faire courir, notamment en terme de santé et/ou de sécurité. En outre, comme les produits contrefaits sont souvent de mauvaise qualité mais vendus à des prix proches de l’original, le consommateur est grugé deux fois. La première fois, sur la qualité, la seconde sur le prix pratiqué.
Le phénomène connaît une amplification sans précédent, au vu des chiffres alarmants des Douanes Européennes: 25 millions de produits saisis dans l’Union européenne en 1999, 70 en 2000, 100 en 2001, 85 en 2002 et 92 millions de produits saisis en 2003. Les trafiquants ont aujourd’hui tendance à se tourner vers des biens de consommation courante.
Aucun pays n’est épargné: si l’Asie constitue la première région productrice (Thaïlande, Chine, Malaisie, Hong Kong), d’autres pays plus proches de l’Europe sont aussi actifs: Turquie, Russie, Macédoine ou d’autres pays méditerranéens comme le Maroc.
Schaerbeek, septembre 2004. Début de l’opération Falco, du nom de la célèbre place anversoise, Falconplein où il était alors possible d’acheter exclusivement des contrefaçons. Suite à 12 perquisitions menées en quelques heures, des dizaines de chemises Ralph Lauren, de parfums Gucci, de sacs Louis Vuitton, de ceintures, de vestes, de chaussures et d’autres produits de consommation courante comme des cigarettes, sont saisis par la police. Dès 6 heures, plusieurs centaines de policiers découvrent 60 m3 de produits contrefaits. Ceux-ci constituaient le stock d’un commerce parallèle qui s’était développé à côté des activités légales des commerçants du quartier…
D’une activité artisanale dans les années 90, la contrefaçon s’inscrit aujourd’hui dans une logique industrielle et commerciale. Mondialisation aidant, elle s’internationalise. La Belgique ou le Royaume-Uni voient se développer des réseaux actifs de trafiquants.
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